vendredi 8 février 2013

PVT et venue


On ne peut pas dire que notre blog soit particulièrement vivant ces dernières semaines. Pourtant tout va bien, ou presque.

Tout est dans le titre, trois sujets, tant de choses à dire et la meilleure manière de le faire est très certainement par l’intermédiaire de ce blog.

- j’ai donc obtenu le PVT. Pour ceux qui n’ont aucune idée de ce que c’est, c’est un programme gouvernemental qui permet à des jeunes de plusieurs pays Européens de voyager et/ou travailler dans un pays du monde au choix parmi une petite dizaine de destinations.

Le plus populaire et de très loin, et donc soumis à quotas, est le PVT Canada. A croire que l’envie de profiter de paysages magnifiques l‘emporte sur la crainte de devoir subir une amplitude de température qui peut atteindre facilement 80 degrés Celsius entre l’été et l’hiver. Certainement que parmi les destinations proposées, seul le Canada offrant la chance de voyager loin, dans un pays étranger tout en pouvant parler français au moins dans la région de Québec est une raison évidente de cet engouement.

Le PVT a ouvert ses portes le 07 novembre 2012. La période l’est, l’Automne, mais la date exacte de son ouverture n’est jamais communiquée à l’avance. C’est donc, on peut le dire, une course contre la montre dès que le programme ouvre.

En effet, le quota étant de 6,750, et la règle du premier (dossier) arrivé, premier (dossier) traité s’appliquant. Finalement, ce sera d’avantage premier envoyé, premier traité et heureusement pour moi!

Me concernant, après une journée de stress, de panique à certains moments, d’énervement et de frustration à d’autres et une courte nuit, j’ai envoyé mon dossier le 08 novembre dans l’après-midi depuis… Londres où je vis.

Une fois mon dossier envoyé je m’en suis voulu immédiatement… pourquoi n’ai-je pas attendu 1 jour de plus pour tout vérifier?, pourquoi ne me suis-je pas assez préparé pour ce moment?, etc.

L’année dernière le quota s’était épuisé en 12 jours, quel intérêt de me précipiter autant? La journée, le soir et la nuit qui ont suivi je me sentais vraiment mal, j’avais l’impression d’avoir tout gâché, d’avoir fait des erreurs dans mon dossier (sachant que beaucoup d’erreurs, d’oublis peuvent être éliminatoires), d’avoir oublié un accent, d’avoir écrit en minuscule mon nom alors que c’était en majuscule dans mon passeport, d’avoir employé le mot « domicile » au lieu de « résidence temporaire » en parlant du lieu où je travaille et vis, Londres, et la liste pourrait s’allonger.

Oui en effet, sur ce dernier point, parmi les conditions pour envoyer un dossier il faut avoir une résidence habituelle en France donc comme je vis en Angleterre pour le moment… enfin, je ne vais pas rentrer dans les détails.

Du coup, le lendemain, largement déprimé et rempli de rancœur envers… baaaah moi-même, je fais un tour sur un site qui parle du PVT et là c’est le choc, la stupeur!!!!, un commentaire sur un forum écrit que le programme a déjà fermé. Il semblerait que des dizaines de milliers de dossiers auraient déjà été reçus, ou du moins téléchargés sur le site de l’ambassade. Je vais donc voir leur site et en effet, le nombre de places restantes et disponibles est de 0!! Mouvement préventif de l’ambassade avant le long weekend de 3 jours à la vue du nombre de téléchargements ou quantité de dossiers déjà reçus phénoménales personne ne le sait et personne ne le saura jamais, l’ambassade étant extrêmement opaque, et cela, pendant toute la durée de l’étude de notre dossier.

Une chose est évidente cependant, tout le monde n’aura pas son PVT… et j’ai totalement accusé le coup en apprenant la nouvelle.

De l’envoi de mon dossier à la réception de ma « lettre d’introduction (ou LI) », donc m’annonçant que j’ai mon PVT, il se sera passé 2 mois et 2 jours. Je vous passe les détails sur la manière dont se déroule le processus qui aboutit à la LI, simplement, on reçoit 4 emails au total, dont 3 où l’on apprend si oui ou non on passe à l’étape suivante ou si notre dossier est refusé. Seul le tout premier email n’a pas cet enjeu, mais pourtant j’ai espéré jour après jour le recevoir, c’est l’accusé de réception, qui signifie que l’ambassade vient d’ouvrir notre dossier et l’étudie.

Pour être honnête, ces 2 mois et 2 jours ont été très pénibles à vivre. Certains veulent le PVT pour partir en vacances et avoir le droit de travailler un peu pour financer le voyage, d’autres partent car ils considèrent que l’herbe est plus verte ailleurs comme on dit et donc fuient la crise en Europe, le chômage en France en pensant trouver facilement un emploi au Canada… et même si chaque raison à sa légitimité, j’ai la prétention de croire qu’il n’y a pas plus importante, plus belle raison que celle qui consiste à vouloir le PVT pour rejoindre la femme que l’on aime. Oui, à mes yeux, le sentiment d’amour est au-dessus de tout, c’est le plus important dans l’existence.

Oui c’est l’unique raison, j’ai un emploi qui me plait ici, des perspectives dorées vu le succès de l’entreprise pour laquelle je travaille, j’adore la ville, je m’y sens bien, mais je ne pouvais pas être séparé plus longtemps de Chaton :), et comme Chaton fait ses études il m’était impossible de lui demander de les arrêter. Il fallait un sacrifice, il fallait que ce soit moi.

J’ai donc passé un peu plus de deux mois à stresser, m’inquiéter, m’impatienter, à regarder mes emails toutes les 5 secondes, à désespérer, retrouver un peu d’espoir, je n’arrivais plus à travailler ni vraiment à vivre… mon quotidien ne tournait plus qu’autour de cela et chaque petite chose positive qui m’arrivait ne suffisait plus à m’offrir du répit, j’en revenais toujours à « si je n’ai pas le pvt…… ».  

Je rêvais à tout ce que ce programme pouvait m’offrir, offrir à mon couple. 1 an certain ensemble, la possibilité de travailler, le fait de pouvoir enfin se dire que la date de mon possible départ est tellement éloignée que l’on peut vivre sereinement, profiter de tout sans rien qui nous retient ou gâche un peu nos moments, et même si cela ne se fera peut-être pas, l’émotion de me dire qu’on allait pouvoir chercher un nouvel appartement main dans la main, et qui sait, peut-être avoir un coup de cœur en commun, puis déménager, le décorer et en faire notre cocon, notre chez nous, était assez extraordinaire.

Finalement, malgré le feu d’artifice du 09 janvier 2013, jour de réception de ma LI, il restera deux taches indélébiles qui me hantent encore aujourd’hui.

La première, c’est au moment où l’email est arrivé dans ma boite. Je discutais avec Chaton et l’ambiance était mauvaise, morose, déprimante, alors comme un idiot je lui ai annoncé la nouvelle immédiatement, pour que la tristesse s’en aille j’imagine. J’aurais tant aimé attendre le soir, trouver un moment où l’on était ensemble pour lui annoncer, vivre et partager son émotion, sa joie, ses larmes de soulagement. J’avais rêvé pouvoir lui annoncer juste après notre baiser sous le feu d’artifice du 31 décembre, la prendre dans mes bras et lui dire mais ce n’était pas possible n’ayant pas reçu la réponse à ce moment-là, ou encore dans un magnifique restaurant, j’avais plusieurs belles idées… et j’ai tout gâché, j’ai vraiment été nul.

La seconde et la plus difficile à vivre, a été d’avoir pris la décision de ne pas en parler à Chaton. Car je connaissais sa fragilité, sa tendance à amplifier chaque nouvelle, à mal vivre le stress, j’ai préféré tout faire dès l’envoi de mon dossier pour lui enlever l’espoir que j’aurai ce PVT. Je ne voulais pas lui faire vivre l’attente, le stress, les moments de vraies déprimes, l’espoir qui renait une fois chaque email de l’ambassade reçu, mais qui s’évapore presque immédiatement en sachant qu’il fallait encore passer des vérifications qui allaient durer des jours, des semaines et que donc rien n’était encore certain. J’avais si peur de lui faire vivre l’enfer de l’attente, de la laisser espérer pour peut-être que tout s’écroule du jour au lendemain… surtout que tout se déroulait pendant sa période d’examens.

Je pensais tellement bien faire, et finalement, je n’ai pas pu réparer, ou au moins atténuer mon erreur car alors qu’en cas de PVT j’avais prévu de l’annoncer à Chaton en m’excusant avant tout de lui avoir caché, même cela je l’ai raté car en me précipitant pour lui annoncer la nouvelle je n’ai même pas pris le temps de m’excuser et de m’expliquer.

Du coup, alors que je pensais bien agir encore une fois et protéger la femme que j’aime, je l’ai faite souffrir car je n’imaginais pas à quel point elle avait mal sans me le dire du fait que pour elle je n’avais plus aucune chance d’avoir le PVT. Et aujourd’hui, en plus d’avoir le sentiment d’avoir été mise de côté, elle me voit davantage comme une personne capable de lui cacher des choses que comme une personne qui voulait la protéger.

Alors, sincèrement, même si c’est un peu tard, et même si j’ai agi ainsi en pensant à toi Chaton, en voulant te préserver, par amour, je te présente mes excuses de t’avoir ôté si rapidement l’espoir que je reçoive le PVT et de ne pas t’avoir tenu informée pendant ces deux longs mois que mon dossier avançait.


- Sauf si un drame se produit, dans moins de 20 jours je vole rejoindre la femme qui fait battre mon cœur depuis plus d’1 an maintenant. Je fais face à une montagne de doutes,  à de l’appréhension, cela me fait un peu peur, tout quitter par amour, juste pour Chaton. Mais c’est mon choix, notre choix, on s’aime et on doit tenter notre chance, forcer un peu notre destin, même si ce qui arrive en ce moment le fragilise.

Difficile de savoir ce que nous réserve l’avenir, il y aura c’est évident de nombreux obstacles sur le chemin, certainement que notre couple devra gérer des crises même si elles sont si rares quand on réunis, on fera tout pour l’éviter mais peut-être que l’on devra revivre pendant un temps une relation à distance ; pourtant, malgré tout cela, et j’en oublie certainement, Chaton m’a fait vivre les plus beaux moments de ma vie, jamais je n’ai été aussi heureux dans ma vie que quand je suis avec elle, la prend dans mes bras, lui tient la main, ou lui fait un tendre baiser…

Ainsi se termine ce roman.

Pour toi mon Chaton ♥ … l'amour de ma vie.

Maître.

mercredi 6 février 2013

Vieille Fanfiction...

Une vieille fanfiction de ma part trouvée sur le net... Ça me rend émue... :)


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Liés de cœur et d'esprit
XxxX

Thorn fouetta l'air avec sa longue queue rouge sang, nouvellement soignée grâce à un des Edulnari que leur avait offert le gros-roi-qui-les-contrôlait. Les muscles de sa queue n'étaient pas totalement souple, alors Thorn la mouvait souvent en vol pour l'étirer. Son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh dormait encore à cette heure matinale, laissant le loisir à Thorn de se faire réchauffer paresseusement par la grosse-boule-chaude qui ornait le ciel. Dès que la petite-boule-froide se faisait remplacer par la grosse-boule-chaude, le dragon se précipitait toujours à l'extérieur de la prison-pierre pour en profiter.
Thorn effectua un virage à l'est. Bien que très jeune, son esprit avait fini par s'habituer au sort que lui avait lancé le gros-roi-qui-les-contrôlait pour le faire vieillir, même si ça le perturbait encore un peu quand il faisait face à Saphira-écailles bleues.
Le museau de Thorn frôla les feuilles des hauts arbres qui poussaient près d'Urû'baen. Comme il était si bien ici, loin de la prison-pierre! Le dragon rêvait de se libérer du joug du gros-roi-qui-les-contrôlait pour voler sans arrêt avec son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh. Pourquoi Saphira-écailles-bleues et Eragon-aux-oreilles-pointues étaient libres et pas eux? Pourquoi c'était Thorn et son lié-de-cœur-et-d'espit-Murtagh qui souffraient pour des deux-pattes-sans-ailes qui ne les respectaient même pas?
De la fumée sortit des naseaux du Parjure. Injustice! Ce monde était remplie d'une injustice envers les dragons et les Dragonniers. On devrait le respecter, pas l'injurier. C'était un dragon tout de même, la race la plus pure!
« Thorn, où es-tu? », demanda soudain la voix de son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh dans sa tête.
Au son de la voix de l'être qu'il chérissait, Thorn laissa un grondement rouler dans sa gorge, un peu comme une bête-poilue-aux-oreilles-pointues qui ronronne.
« J'arrive », dit le dragon d'une voix étrangement aigue pour un dragon de sa taille.
L'esprit de son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh se retira un peu de la tête de Thorn, avant de lâcher platement :
« Allons voler, je t'en pris. L'atmosphère du château m'étouffe »
Thorn n'eut même pas besoin de répondre. Il savait que son Dragonnier comprenait chacun de ses sentiments et émotions, et que le simple mot « voler » provoquait une joie intense dans l'esprit du dragon.
Thorn se dirigea vers la prison-pierre avec empressement. Les forêts d'Urû'baen entouraient la cité comme une défense naturelle des crues du Ramr ou comme cachette pour les Vardens qui espionnaient. Des sept pigeons-plumes qui volaient près de Thorn, seuls deux réussirent à ne pas finir dans l'estomac du dragon.
De ses puissantes ailes, Thorn se propulsa au centre de la capitale. Il entendait vaguement des deux-pattes-sans-ailes crier sous son passage. Ces êtres inférieurs le craignaient; Thorn ne pouvait nier le plaisir que cela lui offrait.
Rapidement, la prison-pierre fut en vue. Thorn diminua son altitude, se dirigeant automatiquement vers son trou-pour-dormir. Voilà deux lunes qu'il devait se reposer dans cet endroit petit et inconfortable. Son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh ne se plaignait pas de cet espace restreint, mais Thorn ne cessait de grogner. Comment osait-on traiter un dragon comme un vulgaire mouton-laine-entre-les-crocs? Le gros-roi-qui-les-contrôlait devrait au moins avoir du respect pour une race supérieur et ne pas l'abaisser de la sorte.
« Thorn… », dit son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh alors que le dragon se glissait dans la pièce-repos.
« Toujours », s'amusa Thorn.
Il baissa sa tête écailleuse pour quémander une caresse à son Dragonnier qui la lui offrit en frôlant son arcade sourcilière du bout de sa main-argenté.
« Thorn… », répéta son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh en passant une main dans ses cheveux noirs. « Thorn, la présence des Eldunaris…J'ai l'impression qu'ils ravagent mon esprit, un peu plus, chaque jours… »
Sans attendre de réponse, son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh partit chercher Zar'roc-épée-de-sang qu'il cachait toujours sous son lit. Le Dragonnier ne prit même pas la peine d'harnacher Thorn. Il grimpa souplement sur son dos et tapota trois fois sur son épaule, signe qu'ils pouvaient partir. Thorn obéit. Plus le temps passait, plus il comprenait le langage des deux-pattes-sans-ailes, mais il préférait que son Dragonnier communiquât avec lui par des sensations et des touchés. Les deux-patte-sans-ailes communiquaient toujours pour ne rien dire. Thorn préférait largement laisser couler son esprit dans celui de son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh. Plus simple, plus pratique et plus beau que les sons barbares de gens de l'espèce de son Dragonnier. Ceux qui ne battaient même pas des ailes pour s'éloigner du sol.
Plusieurs mornes minutes passèrent avant que son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh n'adressât de nouveau la parole Thorn. Ils survolaient Urû'baen, faisant des tours circulaires autour de la prison-pierre, tout en se dirigeant lentement, mais sûrement, vers le Ramr.
« Thorn »
Le dragon releva la tête. Il sentait le poids de son compagnon sur sa nuque. Thorn lui projeta une douce image mentale pour le réconforter dans ses pensées. Une dragonne qui enveloppe son petit dans sa chaude étreinte. C'était bien mieux que des simples mots dans la langue rustre des deux-pattes-sans-ailes. Son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh lui tapota gentiment l'épaule, le remerciant silencieusement.
« On va s'en sortir », dit le Dragonnier. « On va s'en sortir. »
Thorn cessa de voler en rond et battit des ailes pour augmenter sa vitesse et son altitude.
« Murtagh », ronronna le dragon, savourant ce nom dans son esprit. « Murtagh. »
Thorn ne sentit plus qu'il ne vit un sourire étirer les lèvres de son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh. Le fait qu'il prononçât son nom de la sorte le touchait beaucoup.
« Murtagh », répéta affectueusement le Parjure ailé.
Ils survolaient lentement le Ramr. Comme Thorn était maintenant plus gros que Saphira-écailles-bleues, il volait beaucoup plus rapidement que celle-ci. Malheureusement, il ne savait pas comment utiliser toute sa force. Le-gros-roi-qui-les-contrôlait n'avait pas jugé bon de lui laisser beaucoup de temps pour s'habituer à son nouveau corps.
Soudain, un mouvement au sol attira l'attention de Thorn : un mouton-laine-entre-les-crocs! Sans une ni deux, le dragon fila comme une flèche vers sa proie. Son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh poussa un cri de stupéfaction au brusque changement de direction. Moins d'une minute plus tard, Thorn remontait d'un air digne, le mouton-laine-entre-les-crocs mort dans sa gueule la nuque brisée.
« Ne refait plus jamais ça! », s'exclama son compagnon, le cœur battant à la chamade.
Un grognement monta à la gorge du dragon. Son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh n'allait tout de même pas l'empêcher de se nourrir! Parfois, son Dragonnier avait une logique bien étrange, digne de son peuple.
« Murtagh », chantonna la bête.
« Ne tente pas de m'amadouer »
Son-lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh poussa un long soupir de découragement. Ces moments intimes étaient les seuls où ils n'avaient pas à se soucier du gros-roi-qui-les-contrôlait et Thorn en profitait à chaque instant, savourant le contact de l'esprit de son compagnon.
« Murtagh »
« Quoi? »
« Je t'aime », susurra le dragon.
Son-lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh se pencha et chuchota :
-Moi aussi je t'aime, Thorn. Et ça pour toujours.
Le vent ébouriffa ses cheveux bruns. Le regard de Thron imita celui de son Dragonnier. Perdu dans des pensées brumeuses, son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh observait le désert-chaud-et-vivifiant, se remémorant des étapes de sa vie qu'il avait passé sans Thorn.
« Allons par là », désigna le jeune deux-pattes-sans-ailes.
Thorn obéit docilement, curieux lui aussi. L'air sec le frappa de plein fouet alors que le sol se transformait en sable et que le Ramr ne devait qu'une fine ligne argentée derrière eux. Thorn envoya une nouvelle image mentale à son compagnon. Un dragon qui se laisse réchauffer par la-grosse-boule-chaude. Le Parjure adorait sentir sa caresse sur son épaule rougeâtre.
Son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh sourit :
« Nous reviendrons autant qu'il nous en sera permis »
Thorn battit paresseusement des ailes. Il ne savait pas où ils allaient, mais il s'en fichait. Il passait du temps avec son Dragonnier, c'était tout ce qui comptait.
« Murtagh », ronronna Thorn.
Il leva la tête, réclamant une caresse que son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh lui offrit aussitôt.
Soudain, il attaqua.
Trop surpris pour réagir, Thorn laissa l'oiseau-plume l'attaquer. Il voulut riposter d'une puissante attaque mentale, mais l'oiseau-plume projeta son esprit loin de la sienne. Finalement, son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh dégaina Zar'roc et la lame reluisante de braises décapita le petit ennemi.
Le silence se fut. Le Dragonnier et son dragon regardèrent le cadavre de l'oiseau-plume dégringoler.
« Qu'est-ce que c'était ? »
Thorn n'avait aucune réponse à fournir à son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh. Lui-même ne comprenait pas ce qui s'était passé. Sa tête raisonnant encore à cause de l'attaque mentale de l'oiseau-plume, le dragon se posa sur une grosse colline granuleuse. Son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh descendit de sur son dos, histoire de se dégourdir les jambes.
« Des ennemis? Ou tout simplement une étrange espèce animale? », grommela son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh.
Le ciel était maintenant vide de vie. Thorn huma l'air ambiant. Aucun danger à l'horizon. Il se roula en boule et déposa sa grosse tête écarlate sur ses pattes. Son lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh s'assit à ses côtés. Pour une rare fois dans sa courte vie de trois mois, le dragon se sentit bien, très heureux. Son Dragonnier s'apaisait près de lui, le gros-roi-qui-les-contrôlait n'était pas là. Un moment pur qui se cristalliserait dans on esprit.
« Murtagh », dit Thorn, caressant ces deux syllabes comme s'il s'agissait de sa progéniture. « Libre. »
« Un jour, on sera libre, Thorn. On sera libre et personne ne nous contrôlera. Personne. »
« Je t'aime »
Son-lié-de-cœur-et-d'esprit-Murtagh frôla le flanc de Thorn du bout de son majeur.
« Moi aussi je t'aime, Thorn. »

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Chaton.

dimanche 3 février 2013

Miséricorde

MISÉRICORDE

Elle partait de Paris. Ses deux semaines de vacances chez ses grand-parents venaient de se terminer. Elle allait rentrer chez elle, au Canada, boire un bon chocolat chaud devant un feu de foyer, triste de devoir attendre encore une année avant de revoir sa famille, mais contente de retrouver ses affaires et ses parents. Elle avait tendrement embrassé ses aînés  puis elle avait passé la sécurité sans trop de soucis. Elle avait enlevé son manteau, ses chaussures et son ordinateur de son sac. Puis, elle était passée dans le scanner. Elle avait repris ses affaires et était partie à la recherche de sa gate. Elle n'avait rien pris au Duty Free, sa mamie lui ayant fait un bon lunch typiquement français. Ça allait être un long vol.
C'était la deuxième fois qu'elle prenait l'avion seule. La première fois, c'était à l'allée, devant ses parents en larmes de voir leur petite fille grandir si vite. Elle les avait longuement rassuré. Elle avait pris l'avion tellement souvent dans sa vie que même sans eux, tout lui paraissait naturel. 
Il n'y avait aucun siège de disponible à la gate. Elle s'était tenue debout pendant plus d'une heure et demie. On avait fini par appeler sa rangée et elle avait pu monter dans l'avion. Elle avait montré sa carte d'embarquement à une gentille madame et une hôtesse lui avait montré son siège. La jeune fille avait mis son sac sous le siège devant elle, non sans avoir sorti un magazine de mode afin de passer le temps avant le décollage. En même temps, une très belle femme s'était assise à côté d'elle. Elle avait de long cheveux dorés et une peau blanche comme la neige. L'adolescente l'avait trouvé très belle. 
C'était un grand avion. Un 2-4-2, qu'elle avait noté. Le précédent avait deux étages. 
Aucun passager n'avait écouté la vidéo des consignes de sécurité, comme à l'habitude. L'avion s'était fait dégivrer les ailes, puis avait amorcé son décollage. La jeune fille avait eu  mal aux oreilles. La jolie dame à côté d'elle avait décidé de regarder un film sur son petit écran. Elle avait décidé de faire de même. Elle avait choisi un film familiale. 
Quand le film s'était terminé, elle était partie à la toilette, puis était retournée tranquillement à sa place. La dame s'était endormie. Peu de temps après, elle s'endormait à son tour.

Elle n'entendit pas pas les moteurs s'éteindre.
Ni l'avion décrocher. 

CHAPITRE 1.

Le corps. En milles morceaux. Brûlé, déchiré, fumant de douleur, complètement désintégré. Chaque centimètre qui explose. Des gens qui crient, qui hurlent, et puis plus rien. Un long silence de mort. Des morts. La belle dame à ses cotés. Des morts. Le sentiment de vide à ses pieds. Elle tombe. Ils tombent. Dégringolade. Lentement. À toute vitesse. 
Elle crie. Encore. Elle crie. Elle souffre. Elle ne comprend pas. Aidez-moi! Aidez-moi! Elle crie. Toujours. Personne ne l'entend. 
Il fait noir. Elle ouvre les yeux. Elle n'a plus d'yeux. Elle n'entend plus. C'est les ténèbres. Elle ne sent plus rien.
Il n'y a plus de douleur.
Il n'y a plus personne. 

[...] "

Chaton.