vendredi 8 février 2013

PVT et venue


On ne peut pas dire que notre blog soit particulièrement vivant ces dernières semaines. Pourtant tout va bien, ou presque.

Tout est dans le titre, trois sujets, tant de choses à dire et la meilleure manière de le faire est très certainement par l’intermédiaire de ce blog.

- j’ai donc obtenu le PVT. Pour ceux qui n’ont aucune idée de ce que c’est, c’est un programme gouvernemental qui permet à des jeunes de plusieurs pays Européens de voyager et/ou travailler dans un pays du monde au choix parmi une petite dizaine de destinations.

Le plus populaire et de très loin, et donc soumis à quotas, est le PVT Canada. A croire que l’envie de profiter de paysages magnifiques l‘emporte sur la crainte de devoir subir une amplitude de température qui peut atteindre facilement 80 degrés Celsius entre l’été et l’hiver. Certainement que parmi les destinations proposées, seul le Canada offrant la chance de voyager loin, dans un pays étranger tout en pouvant parler français au moins dans la région de Québec est une raison évidente de cet engouement.

Le PVT a ouvert ses portes le 07 novembre 2012. La période l’est, l’Automne, mais la date exacte de son ouverture n’est jamais communiquée à l’avance. C’est donc, on peut le dire, une course contre la montre dès que le programme ouvre.

En effet, le quota étant de 6,750, et la règle du premier (dossier) arrivé, premier (dossier) traité s’appliquant. Finalement, ce sera d’avantage premier envoyé, premier traité et heureusement pour moi!

Me concernant, après une journée de stress, de panique à certains moments, d’énervement et de frustration à d’autres et une courte nuit, j’ai envoyé mon dossier le 08 novembre dans l’après-midi depuis… Londres où je vis.

Une fois mon dossier envoyé je m’en suis voulu immédiatement… pourquoi n’ai-je pas attendu 1 jour de plus pour tout vérifier?, pourquoi ne me suis-je pas assez préparé pour ce moment?, etc.

L’année dernière le quota s’était épuisé en 12 jours, quel intérêt de me précipiter autant? La journée, le soir et la nuit qui ont suivi je me sentais vraiment mal, j’avais l’impression d’avoir tout gâché, d’avoir fait des erreurs dans mon dossier (sachant que beaucoup d’erreurs, d’oublis peuvent être éliminatoires), d’avoir oublié un accent, d’avoir écrit en minuscule mon nom alors que c’était en majuscule dans mon passeport, d’avoir employé le mot « domicile » au lieu de « résidence temporaire » en parlant du lieu où je travaille et vis, Londres, et la liste pourrait s’allonger.

Oui en effet, sur ce dernier point, parmi les conditions pour envoyer un dossier il faut avoir une résidence habituelle en France donc comme je vis en Angleterre pour le moment… enfin, je ne vais pas rentrer dans les détails.

Du coup, le lendemain, largement déprimé et rempli de rancœur envers… baaaah moi-même, je fais un tour sur un site qui parle du PVT et là c’est le choc, la stupeur!!!!, un commentaire sur un forum écrit que le programme a déjà fermé. Il semblerait que des dizaines de milliers de dossiers auraient déjà été reçus, ou du moins téléchargés sur le site de l’ambassade. Je vais donc voir leur site et en effet, le nombre de places restantes et disponibles est de 0!! Mouvement préventif de l’ambassade avant le long weekend de 3 jours à la vue du nombre de téléchargements ou quantité de dossiers déjà reçus phénoménales personne ne le sait et personne ne le saura jamais, l’ambassade étant extrêmement opaque, et cela, pendant toute la durée de l’étude de notre dossier.

Une chose est évidente cependant, tout le monde n’aura pas son PVT… et j’ai totalement accusé le coup en apprenant la nouvelle.

De l’envoi de mon dossier à la réception de ma « lettre d’introduction (ou LI) », donc m’annonçant que j’ai mon PVT, il se sera passé 2 mois et 2 jours. Je vous passe les détails sur la manière dont se déroule le processus qui aboutit à la LI, simplement, on reçoit 4 emails au total, dont 3 où l’on apprend si oui ou non on passe à l’étape suivante ou si notre dossier est refusé. Seul le tout premier email n’a pas cet enjeu, mais pourtant j’ai espéré jour après jour le recevoir, c’est l’accusé de réception, qui signifie que l’ambassade vient d’ouvrir notre dossier et l’étudie.

Pour être honnête, ces 2 mois et 2 jours ont été très pénibles à vivre. Certains veulent le PVT pour partir en vacances et avoir le droit de travailler un peu pour financer le voyage, d’autres partent car ils considèrent que l’herbe est plus verte ailleurs comme on dit et donc fuient la crise en Europe, le chômage en France en pensant trouver facilement un emploi au Canada… et même si chaque raison à sa légitimité, j’ai la prétention de croire qu’il n’y a pas plus importante, plus belle raison que celle qui consiste à vouloir le PVT pour rejoindre la femme que l’on aime. Oui, à mes yeux, le sentiment d’amour est au-dessus de tout, c’est le plus important dans l’existence.

Oui c’est l’unique raison, j’ai un emploi qui me plait ici, des perspectives dorées vu le succès de l’entreprise pour laquelle je travaille, j’adore la ville, je m’y sens bien, mais je ne pouvais pas être séparé plus longtemps de Chaton :), et comme Chaton fait ses études il m’était impossible de lui demander de les arrêter. Il fallait un sacrifice, il fallait que ce soit moi.

J’ai donc passé un peu plus de deux mois à stresser, m’inquiéter, m’impatienter, à regarder mes emails toutes les 5 secondes, à désespérer, retrouver un peu d’espoir, je n’arrivais plus à travailler ni vraiment à vivre… mon quotidien ne tournait plus qu’autour de cela et chaque petite chose positive qui m’arrivait ne suffisait plus à m’offrir du répit, j’en revenais toujours à « si je n’ai pas le pvt…… ».  

Je rêvais à tout ce que ce programme pouvait m’offrir, offrir à mon couple. 1 an certain ensemble, la possibilité de travailler, le fait de pouvoir enfin se dire que la date de mon possible départ est tellement éloignée que l’on peut vivre sereinement, profiter de tout sans rien qui nous retient ou gâche un peu nos moments, et même si cela ne se fera peut-être pas, l’émotion de me dire qu’on allait pouvoir chercher un nouvel appartement main dans la main, et qui sait, peut-être avoir un coup de cœur en commun, puis déménager, le décorer et en faire notre cocon, notre chez nous, était assez extraordinaire.

Finalement, malgré le feu d’artifice du 09 janvier 2013, jour de réception de ma LI, il restera deux taches indélébiles qui me hantent encore aujourd’hui.

La première, c’est au moment où l’email est arrivé dans ma boite. Je discutais avec Chaton et l’ambiance était mauvaise, morose, déprimante, alors comme un idiot je lui ai annoncé la nouvelle immédiatement, pour que la tristesse s’en aille j’imagine. J’aurais tant aimé attendre le soir, trouver un moment où l’on était ensemble pour lui annoncer, vivre et partager son émotion, sa joie, ses larmes de soulagement. J’avais rêvé pouvoir lui annoncer juste après notre baiser sous le feu d’artifice du 31 décembre, la prendre dans mes bras et lui dire mais ce n’était pas possible n’ayant pas reçu la réponse à ce moment-là, ou encore dans un magnifique restaurant, j’avais plusieurs belles idées… et j’ai tout gâché, j’ai vraiment été nul.

La seconde et la plus difficile à vivre, a été d’avoir pris la décision de ne pas en parler à Chaton. Car je connaissais sa fragilité, sa tendance à amplifier chaque nouvelle, à mal vivre le stress, j’ai préféré tout faire dès l’envoi de mon dossier pour lui enlever l’espoir que j’aurai ce PVT. Je ne voulais pas lui faire vivre l’attente, le stress, les moments de vraies déprimes, l’espoir qui renait une fois chaque email de l’ambassade reçu, mais qui s’évapore presque immédiatement en sachant qu’il fallait encore passer des vérifications qui allaient durer des jours, des semaines et que donc rien n’était encore certain. J’avais si peur de lui faire vivre l’enfer de l’attente, de la laisser espérer pour peut-être que tout s’écroule du jour au lendemain… surtout que tout se déroulait pendant sa période d’examens.

Je pensais tellement bien faire, et finalement, je n’ai pas pu réparer, ou au moins atténuer mon erreur car alors qu’en cas de PVT j’avais prévu de l’annoncer à Chaton en m’excusant avant tout de lui avoir caché, même cela je l’ai raté car en me précipitant pour lui annoncer la nouvelle je n’ai même pas pris le temps de m’excuser et de m’expliquer.

Du coup, alors que je pensais bien agir encore une fois et protéger la femme que j’aime, je l’ai faite souffrir car je n’imaginais pas à quel point elle avait mal sans me le dire du fait que pour elle je n’avais plus aucune chance d’avoir le PVT. Et aujourd’hui, en plus d’avoir le sentiment d’avoir été mise de côté, elle me voit davantage comme une personne capable de lui cacher des choses que comme une personne qui voulait la protéger.

Alors, sincèrement, même si c’est un peu tard, et même si j’ai agi ainsi en pensant à toi Chaton, en voulant te préserver, par amour, je te présente mes excuses de t’avoir ôté si rapidement l’espoir que je reçoive le PVT et de ne pas t’avoir tenu informée pendant ces deux longs mois que mon dossier avançait.


- Sauf si un drame se produit, dans moins de 20 jours je vole rejoindre la femme qui fait battre mon cœur depuis plus d’1 an maintenant. Je fais face à une montagne de doutes,  à de l’appréhension, cela me fait un peu peur, tout quitter par amour, juste pour Chaton. Mais c’est mon choix, notre choix, on s’aime et on doit tenter notre chance, forcer un peu notre destin, même si ce qui arrive en ce moment le fragilise.

Difficile de savoir ce que nous réserve l’avenir, il y aura c’est évident de nombreux obstacles sur le chemin, certainement que notre couple devra gérer des crises même si elles sont si rares quand on réunis, on fera tout pour l’éviter mais peut-être que l’on devra revivre pendant un temps une relation à distance ; pourtant, malgré tout cela, et j’en oublie certainement, Chaton m’a fait vivre les plus beaux moments de ma vie, jamais je n’ai été aussi heureux dans ma vie que quand je suis avec elle, la prend dans mes bras, lui tient la main, ou lui fait un tendre baiser…

Ainsi se termine ce roman.

Pour toi mon Chaton ♥ … l'amour de ma vie.

Maître.

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