"
MISÉRICORDE
Elle partait de Paris. Ses deux semaines de vacances chez ses grand-parents venaient de se terminer. Elle allait rentrer chez elle, au Canada, boire un bon chocolat chaud devant un feu de foyer, triste de devoir attendre encore une année avant de revoir sa famille, mais contente de retrouver ses affaires et ses parents. Elle avait tendrement embrassé ses aînés puis elle avait passé la sécurité sans trop de soucis. Elle avait enlevé son manteau, ses chaussures et son ordinateur de son sac. Puis, elle était passée dans le scanner. Elle avait repris ses affaires et était partie à la recherche de sa gate. Elle n'avait rien pris au Duty Free, sa mamie lui ayant fait un bon lunch typiquement français. Ça allait être un long vol.
C'était la deuxième fois qu'elle prenait l'avion seule. La première fois, c'était à l'allée, devant ses parents en larmes de voir leur petite fille grandir si vite. Elle les avait longuement rassuré. Elle avait pris l'avion tellement souvent dans sa vie que même sans eux, tout lui paraissait naturel.
Il n'y avait aucun siège de disponible à la gate. Elle s'était tenue debout pendant plus d'une heure et demie. On avait fini par appeler sa rangée et elle avait pu monter dans l'avion. Elle avait montré sa carte d'embarquement à une gentille madame et une hôtesse lui avait montré son siège. La jeune fille avait mis son sac sous le siège devant elle, non sans avoir sorti un magazine de mode afin de passer le temps avant le décollage. En même temps, une très belle femme s'était assise à côté d'elle. Elle avait de long cheveux dorés et une peau blanche comme la neige. L'adolescente l'avait trouvé très belle.
C'était un grand avion. Un 2-4-2, qu'elle avait noté. Le précédent avait deux étages.
Aucun passager n'avait écouté la vidéo des consignes de sécurité, comme à l'habitude. L'avion s'était fait dégivrer les ailes, puis avait amorcé son décollage. La jeune fille avait eu mal aux oreilles. La jolie dame à côté d'elle avait décidé de regarder un film sur son petit écran. Elle avait décidé de faire de même. Elle avait choisi un film familiale.
Quand le film s'était terminé, elle était partie à la toilette, puis était retournée tranquillement à sa place. La dame s'était endormie. Peu de temps après, elle s'endormait à son tour.
Elle n'entendit pas pas les moteurs s'éteindre.
Ni l'avion décrocher.
CHAPITRE 1.
Le corps. En milles morceaux. Brûlé, déchiré, fumant de douleur, complètement désintégré. Chaque centimètre qui explose. Des gens qui crient, qui hurlent, et puis plus rien. Un long silence de mort. Des morts. La belle dame à ses cotés. Des morts. Le sentiment de vide à ses pieds. Elle tombe. Ils tombent. Dégringolade. Lentement. À toute vitesse.
Elle crie. Encore. Elle crie. Elle souffre. Elle ne comprend pas. Aidez-moi! Aidez-moi! Elle crie. Toujours. Personne ne l'entend.
Il fait noir. Elle ouvre les yeux. Elle n'a plus d'yeux. Elle n'entend plus. C'est les ténèbres. Elle ne sent plus rien.
Il n'y a plus de douleur.
Il n'y a plus personne.
[...] "
Chaton.
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